LA CIRCONFÉRENCE DU CERCLE VICIEUX [2011]



Installation sonore pour 14 haut-parleurs et une platine vinyle

Son continu (22 min 50 sec en boucle, sans distinction de début ou fin), 9 m X 5 m


Une chorale de compteurs est diffusée sur 13 haut-parleurs, à travers lesquels déambulent les spectateurs. Les haut-parleurs sont placés face à une platine vinyle qui tourne sans fin et qui diffuse, par le biais d’un haut-parleur dissimulé dans son socle, un texte associé à la partition mathématique de la chorale. La platine vinyle est reliée à un système de captation qui modifie la spatialisation du son si on bouge le bras de lecture.


Une production Le Fresnoy, Studio national des arts contemporains


Conception : Véronique Béland


Composition : Daniele Segre Amar


Interprétation: COELI ET TERRA, choeur de chambre sous la direction de Maurice Bourbon (Association La Chapelle des Flandres, avec le soutien de la ville de Roubaix et du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais)


Enregistrement, mixage et programmation : Véronique Béland, Sébastien Cabour et Pierre George

Vue de l'installation lors de l'exposition Panorama 13, Le Fresnoy (Tourcoing),

juin et juillet 2011.

Je me suis demandé si la définition du silence était la même, pour chacun : s’il y en avait plusieurs types et s’il y avait un moyen de comparer tout cela. Qu’est-ce qu’on dit quand on ne dit rien? Quel est mon silence? Et celui de l’autre? Pour que le silence existe, il doit forcément être constitué de quelque chose – mais quoi?


Je me suis d’abord prise comme interface. J’ai renversé l’écoute vers l’intérieur, pour finalement réaliser que toutes les fois où j’essaie de réduire ma pensée à sa plus simple expression, je me bute inévitablement aux chiffres. Je compte. N’importe quoi. En permanence. En trame de fond. Je compte, sans doute pour éviter de ne penser à rien; sans doute par peur de connaître ce qui se trouve de l’autre côté de l’accalmie de la pensée. À moins que ce rien, que ce vide vers lequel on tend ne se définisse justement que par une sorte d’algèbre floue, de géométrie précaire ?


J’ai alors émis une hypothèse : Le silence n’est peut-être, au final, qu’une grille mathématique.


Et si la pensée de chacun flirtait avec les chiffres? Si, ensemble, nous accordions inconsciemment nos voix intérieures pour calculer, en contre-champ de la pensée, la distance qui nous sépare les uns des autres? Et qu’en est-il de la distance qui nous sépare de nous-mêmes? Peut-être mesurons-nous simplement, en sourdine, la circonférence de ce cercle vicieux ?


[C = 2 π r = π d]


Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai toujours eu extrêmement peur de l’infini du nombre π. Parce que si une quantité incalculable de décimales fractionne l’espace compris entre le 3 et le 4, imaginez alors tout ce qui peut exister entre vous et moi, entre moi et vous; la multitude de choix, le nombre de possibles... Ça fait de quoi remplir plusieurs vies – on pourrait presque y perdre son âme.




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Vue de l'installation lors de l'exposition Panorama 13, Le Fresnoy (Tourcoing),

juin et juillet 2011.

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