7,83 HZ: SUR LES RELATIONS ENTRE L’IONOSPHÈRE ET L’HYPOTHALAMUS [2013]

en co-réalisation avec Quentin Denimal


Installation sonore (4 haut-parleurs + 1 caisson de basse + 1 tirage photographique sur alu-dibon)

365 X 24 minutes



Cette oeuvre cherche à reproduire les résonances de Schumann, un phénomène atmosphérique naturel et permanent fait de pics spectraux dans le domaine des extrêmement basses fréquences (ELF) du champ électromagnétique terrestre. Ceux-ci se propagent autour de la Terre sous la forme d'ondes, et comprennent une fréquence fondamentale (7.83 Hz) et quatre harmoniques principales situées entre 14 et 34 Hz.


En faisant coïncider ce phénomène avec les recherches en neurosciences, on constate que ce sont les mêmes fréquences qui déterminent le rythme cérébral chez l’être humain: la fondamentale est identique aux longueurs d’onde Alpha émises par le cerveau par état de relaxation profonde ou de méditation, alors que les harmoniques correspondent à la gamme des ondes Beta, produites lors d’une activité cognitive intense.


Il apparait donc clair que le cerveau réagit aux impulsions de certaines fréquences, puisqu’il utilise lui-même sa propre série de vibrations pour communiquer en mode interne avec le reste du corps. À mi-chemin entre la science et la fiction, il s’agit ici d’imaginer les liens qui pourraient exister entre les fréquences produites par la terre et celles émises par le cerveau humain, à la recherche d’une certaine corrélation entre les deux.


Remerciements: Claire Pollet, Emmanuel Vaesken, Le Fresnoy - Studio national d’arts contemporains.

Il y avait d’abord le désir de voir ou d’entendre des choses qui ne sont normalement pas présentes aux sens; l’obsession de ressentir que le vide n’est pas rien.


Une histoire de distance et de proximité.


Puis, il y eut la découverte des travaux d’une équipe de recherche scientifique californienne qui, depuis maintenant un an, collectionne les données recueillies par différents radars afin d’étudier les propriétés de résonance du champ électromagnétique terrestre.


En observant l’ensemble de ces spectrogrammes quotidiens placées côte à côte, on aurait dit un crépuscule à l’envers.


À l’aide d’un générateur de fréquences pures, ces 365 spectrogrammes ont été traduits sous la forme d’ondes sonores, révélant ainsi l’omniprésence des fréquences attribuées aux résonances de Schumann dans l’ionosphère. Le contenu de chacune des images, représentant 24 heures d’activité, a été condensé en 24 minutes afin d’offrir une empreinte chronologique plus globale de ce phénomène.


Car ce mouvement oscillatoire, bien qu’il varie en fonction du jour ou de la nuit, des saisons et de l’activité solaire, existe pourtant comme un flux ininterrompu, une ondulation sans fin à l’image d’un souffle; un autre souffle, plus grand.


Un battement de coeur surhumain.


L’apparent silence de l’expérience montre l’impuissance du haut-parleur à restituer convenablement ces basses fréquences, qui demeurent pour la plupart inaudibles pour l’oreille humaine. La membrane gronde, bat de l’air et s’essouffle, mais persiste malgré tout à raconter une histoire invisible.


C’est une musique qui préfère se taire.


Des signaux rythmiques à l’image de ces lieux où le silence est infini.









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Vue de l’installation lors de sa présentation au 180 (Téteghem), septembre 2013.

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Vue de l’installation lors de sa présentation au 180 (Téteghem), septembre 2013.

Détail de l’installation lors de sa présentation au 180 (Téteghem), septembre 2013.